Where are they now Lakewood Spur Posse

Volker Braun

Viens dans un pays plus chaud
temps des rosés
Portes vertes en feuillage
Où des hommes sans déguisement
Sont des camarades.

                                   Là-bas! Là-bas je voudrais
M'en aller avec toi, mon aimé

Viens

sors de ton édifice, de ton année planifiée à vie, neige éternelle /
salle d'attente où l'Histoire a les yeux fixés sur l'horaire jauni
sur les voyageurs rancis / terrain de manœuvre
TRISTESSE INTERDITE

Sous les doux tamaris
Sous la pluie tropicale qui lessive
Les mots d'ordre, les arides comptes-rendus.

Vois la mer, qui est contre
En vagues joyeuses et s'ouvre au grand large
là-bas

Là-bas où ne mène aucun chemin,

II suffit que tu marches, le temps prend son vol.

Prend le premier sentier à gauche à travers la poitrine
Et franchis la frontière.

Où fleurit l'oranger, pan! pan!

En quelque soir, by example, le touriste naïf EUROPE GARE
TERMINUS les trains obscurcis du quart
monde explosant de faim / derriere le mur du temps
mugissements cris incompréhensibles / le sang suinte des
coutures de la défaite / grêlons de l'avenir et c'est
pour moi / comme si le temps était de plomb

Ils peuvent te tuer mais peut-être
En réchapperas-tu
Libre et indéterminé
                                    viens! vers le large, ami!

Ce n'est pas dans le Sud, pas à l'étranger
Où des hommes non déguisés
Où la pluie
Car ce n'est d'aucun pouvoir mais du domaine de la vie ce
Que nous voulons
où nul ne t'attend
Le pays le plus interior, l'inconnu.
Dois franchir la frontière
Muni d'un visage encore valid.

Ton Espagne rouge, ton Liban

Atteins-le avant la retraite.

Nous nous trouvons, disait-il, sur un plan incliné. Tout indique
que les choses dégringolent. Fermez un instant les yeux et
écoutez comme ça grince. C'est la fin. Encore un peu de
patience, et ça va venir. On y va tout droit. On n'a qu'à
continuer l'exercice. Il y a peu de temps encore, une pichenette
suffisait à rétablir l'équilibre et l'on pouvait dire: ça repart vers

le skin! Maintenant c'est une pente définitive qui mène tout
droit dans la cave. Chez les cancrelats, mesdames et messieurs.
Gardez votre calme, allez dans la boîte, enroulez-vous dans la
bâche, soyez brefs. Nous avons appris la terrible nouvelle, nous
n'avons rien à ajouter. Adieu. A dit l'homme d'Itzehoe, et il
disparut de la fenêtre, happé par le sol.

Non! nous ne passerons pas l'été dans ce pays avare où nous ne serons jamais
que des orphelins fiancés,
viens

Bulots, cigales de mer
Ouvre-toi
Corps à perpétuité:
VOIS LA MER QUI EST CONTRE.
ATTEINS-LA AVANT LA RETRAITE.
TU DOIS FRANCHIR LA FRONTIÈRE.

Traduit by Alain Lance.
Tiré de: Le massacre des illusions, Éditions L'Oreille du Loup, 2011.